Nephrologie

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VIII. Traitement

Le traitement doit être adapté à la forme clinique et à la sévérité de la maladie. Il doit être efficace et le moins toxique possible. Les formes viscérales graves doivent être traitées rapidement et efficacement de façon à limiter les séquelles. Tout traitement immunosuppresseur excessif devra être évité.

A. Traitement de fond et traitement

des formes mineures cutanéo-articulaires
Il repose les anti-malariques de synthèse ; hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) qui nécessite une surveillance ophtalmologique. L’atteinte articulaire est accessible aux AINS.

En cas de résistance de l’atteinte articulaire au traitement AINS-hydroxychloroquine, une corticothérapie complémentaire à faible dose est associée.

En cas de résistance de l’atteinte cutanée au traitement par hydroxychloroquine, un traitement dermatologique spécifique tel que la thalidomide est associé.

Hydroxychloroquine et corticothérapie à faible posologie constituent le traitement de fond pour contrôler et prévenir les rechutes de ces formes ainsi que celle des formes plus sévères.

B. Le traitement des formes viscérales

Il comprend deux étapes  :

Un traitement d’induction qui doit être suffisamment efficace pour contrôler une poussée aiguë et éviter ses séquelles.

Ce traitement comprend en général des corticoïdes per os à forte dose (prednisone CORTANCYL® 0,5 à 1 mg/kg/j) et parfois des perfusions intraveineuses de methylprednisolone (15 mg/kg).

Dans les formes viscérales graves (par exemple les glomérulonéphrite classe III IV avec activité, certaines atteintes neurologiques) un immunosuppresseur est associé aux corticoïdes  : cyclophosphamide (ENDOXAN®) par voie IV discontinue ou mycophénolate mofétil (CELLCEPT®) per os.

Le traitement d’induction dure quelques mois (3 à 6 mois) au cours desquels la posologie de corticoïde est progressivement diminuée.

Un traitement d’entretien qui fait suite au traitement d’induction.

Son but est de prévenir les rechutes.

Il associe

- 1) une corticothérapie faible dose,

- 2) de l’hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) et 3) un immunosuppresseur (en cas d’utilisation d’un immunosuppresseur pendant la phase d’induction) type azathioprine (IMUREL®) ou mycophénolate mofétil (CELLCEPT®). Le traitement d’entretien est poursuivi plusieurs années.

C. Les traitements et mesures associés

Photoprotection +++.

Prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (HTA, dyslipidémie, tabac…).

Prévention des complications de l’immunodépression (vaccination contre le pneumocoque, contre la grippe, traitement des foyers infectieux).

Prévention des complications de la corticothérapie (régime désodé et sans sucre rapide, vitamine D + calcium ± biphosphonate).

Contraception sans œstrogène  : progestatifs (acétate de chlomadinone LUTERAN®) en période de poussée ou en cas d’utilisation de médicament tératogène (thalidomide, mycophénolate mofétil, IEC, ARAII…).

Programmation et encadrement des grossesses.

Soutien psychologique.

Déclaration ALD.

Éducation thérapeutique.