Nephrologie

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IV. MANIFESTATIONS CLINIQUES ET BIOLOGIQUES DES ŒDEMES GENERALISES

A. Signes cliniques

Ils sont francs lorsque la rétention hydrosodée est d’au moins 3 à 5 % du poids du corps (soit 2,5 à 3 litres).

Ils siègent dans les tissus sous-cutanés. Ils sont  :
-  bilatéraux et symétriques ;
-  déclives  :

• en orthostatisme au niveau des membres inférieurs, initialement des chevilles dont ils effacent le sillon rétro-malléolaire,
• après une période d’alitement prolongée, ils sont localisés préférentiellement au niveau des lombes. Chez les patients jeunes, il est fréquent d’observer, en particulier au lever, un œdème palpébral et péri-orbital,
-  blancs, mous, indolores ;
-  prenant le godet  : la pression du doigt contre la face interne du tibia laisse une dépression ;
-  cependant, lorsque les œdèmes évoluent depuis plusieurs mois ou années, ils peuvent devenir durs et douloureux, avec des lésions cutanées cyanotiques de stase.

L’inflation sodée et hydrique peut également entraîner une anasarque avec épanchements des séreuses  :
-  épanchements pleuraux ;
-  ascite surtout chez l’enfant ;
-  exceptionnellement un épanchement péricardique.

L’importance des œdèmes est évaluée au mieux par la quantification de la prise de poids, en l’absence de variation de la natrémie. La pesée régulière d’un patient est le meilleur paramètre permettant d’évaluer l’efficacité du traitement mis en place. Paradoxalement, ce paramètre physique très simple et objectif est souvent difficile à obtenir, notamment chez les patients hospitalisés alités.

B. Signes biologiques

Ils se résument à une hémodilution souvent modeste  : diminution de l’hématocrite et de la protidémie à interpréter en fonction du contexte (syndrome néphrotique).

Une hyperhydratation intracellulaire (hyponatrémie) peut être associée si la balance hydrique est plus po-sitive que la balance sodée, contribuant alors à une prise de poids supplémentaire.

Lorsqu’ils sont présents, les épanchements des séreuses sont des transsudats (concentration en protéines inférieure à 20 g/Litre).

Dans la phase de constitution des œdèmes, la natriurèse est effondrée , inférieure à 20 mmol/jour, té-moignant de l’incapacité des reins à négativer la balance sodée. À l’état d’équilibre, la natriurèse reflète les apports sodés. Elle augmente avec l’institution d’un traitement diurétique. À distance de toute modification des doses de diurétique, elle reflète à nouveau les apports sodés.