ÉPIDÉMIOLOGIE DE L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE DE L’ADULTE

A. Mortalité cardiovasculaire et risque rénal

L’hypertension artérielle est un facteur de risque cardio-vasculaire et rénal majeur. Selon l’INVS (bulletin épidémiologique hebdomadaire, décembre 2008), les maladies cardiovasculaires sont responsables de 147 000 décès chaque année en France (29 % de la mortalité globale). Les maladies cardiovasculaires sont la 1re cause de mortalité chez la femme (31,7 %) et la 2e cause chez l’homme (26.4%) après les cancers (34,5%).

La mortalité de cause ischémique coronarienne (8.0%) devance celle des AVC (6.6%).

Depuis la fin des années 1960, la mortalité cardiovasculaire a progressi-vement diminué en France et dans l’ensemble des pays occidentaux. Encore récemment, une baisse de 15.6% a été enregistrée entre 2000 et 2004. Cette diminution de la morbi-mortalité cardiovasculaire serait en partie attribuable aux mesures de prévention primaire (réduction des facteurs de risque dont le tabagisme, le traitement de l’hypertension artérielle et de l’hypercholestérolémie) et secondaire (interventions thérapeutiques à visée cardiovasculaire).

B. Épidémiologie de l’hypertension artérielle en France

En France, environ 12 millions de patients sont atteints d’hypertension arté-rielle. La PA augmente avec l’âge (cf figure 1), si bien que la prévalence de l’HTA augmente aussi significativement avec l’âge. Chez les assurés sociaux de plus de 35 ans, la prévalence de l’hypertension artérielle atteint 30,5%, avec un taux légèrement supérieur au sein de la population féminine : 31,7% contre 29,1% chez les hommes. 60 à 70% des personnes de plus de 70 ans sont traitées pour HTA. La prévalence de l’HTA est associée à la consommation d’alcool, au BMI, au tabagisme et à un niveau éducationnel plus bas. Dans la population, seulement 52% des hypertendus sont au courant de leur HTA et parmi ceux-ci, 82% sont traités. Parmi les hypertendus traités, 51% sont contrôlés par le traitement (au seuil de 140/90 mmHg).

Figure 1 = Evolution de la pression artérielle en France selon les groupes d’âge dans 3 régions analysées dans l’étude Mona Lisa (2007)

C. Implications économiques de santé publique

En raison de la forte prévalence de l’HTA en France et de son impact comme facteur de risque de mortalité cardiovasculaire et rénale, le traitement de l’HTA représente un enjeu économique important. Les dépenses de soins de ville des hypertendus, sont le double de celles des sujets non hypertendus. L’HTA est le premier motif de consultation (11,3 % des consultations médicales) et les traitements médicaux anti-hypertenseurs représentent 12 % de l’ensemble de la prescription pharmaceutique (4,4 milliards d’euros en 2006). L’hypertension artérielle est la 3ème cause de prise en charge à 100%, derrière le diabète et les cancers.

S’il s’améliore avec le temps, le traitement de l’HTA est loin d’être optimal, en particulier dans les sous-groupes de patients les plus à risque (sujets âgés, sujets diabétiques et insuffisants rénaux).

Ces résultats non optimaux résultent de plusieurs facteurs, en particulier :
- la mauvaise perception du risque associé à l’HTA dans la population générale et chez les praticiens ;
- la mauvaise diffusion des recommandations de prise en charge et de traitement auprès des professionnels de santé ;
- une mauvaise approche de la prévention cardiovasculaire dans son ensemble, qui privilégie l’approche classique dichotomique normotension/hypertension, alors que la prévention cardiovasculaire la plus efficace passe par l’estimation globale du risque absolu et la prise en charge de l’ensemble des facteurs de risque associés.
- l’inertie thérapeutique des médecins qui hésitent à "alourdir" le traitement de patients non contrôlés.


Articles publiés dans cette rubrique

lundi 26 avril 2010
par  B.M. / P.S.

ÉPIDÉMIOLOGIE DE L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE DE L’ADULTE

A. Mortalité cardiovasculaire et risque rénal
L’hypertension artérielle est un facteur de risque cardio-vasculaire et rénal ma-jeur. Selon l’INVS (bulletin épidémiologique hebdomadaire, décembre 2008), les maladies cardiovasculaires sont responsables de 147 000 décès chaque année en France (29 % de la (...)