Fiche flash Transplantation
Article mis en ligne le 8 janvier 2021

1. Épidémiologie et résultats de la transplantation d’organes

La transplantation est indiquée en cas de défaillance vitale d’un organe

5805 transplantations d’organes en 2018 (pour 24791 candidats à la greffe dans l’année 2018).

Survie actuarielle à 10 ans :

— À 10 ans en rein (donneur décédé) : survie patient 73,6 %, greffon 57,5 % ;

— À 10 ans en rein (donneur vivant) : survie patient 88,6 %, greffon 74,4 % ;

— À 5 ans en foie : survie patient 74,5 % ; greffon 70,6 %.

— À 10 ans en cœur : survie patient 56,8 % ; greffon 56,2 %.

2. Aspects éthiques des transplantations d’organes solides

3 grands principes éthiques inscrits dans la loi de bioéthique :

— le consentement présumé ;

— la gratuité du don ;

— l’anonymat entre le donneur et le receveur.

3. Aspects légaux

a. Prélèvement chez un donneur décédé

Deux types de donneurs décédés : donneurs en mort encéphalique et donneurs décédés après arrêt circulatoire.

Règles de sécurité sanitaire : évaluation du risque de transmission d’une maladie infectieuse, traçabilité.

b. Prélèvement chez un donneur vivant (organes concernés : rein, foie)

Sujet majeur informé et consentant.

Consentement vérifié par : Comité Donneurs vivants ; Président du Tribunal judiciaire.

Personne concernée : apparenté (famille élargie), conjoint, toute personne apportant la preuve d’une vie commune d’au moins 2 ans avec le receveur, toute personne apportant la preuve d’un lien affectif étroit et stable depuis au moins 2 ans avec le receveur ; don croisé.

4. L’agence de la biomédecine

Gestion de la liste des patients inscrits sur la liste d’attente de transplantation, répartition et attribution des greffons selon un système de scores auxquels s’ajoutent éventuellement des critères de priorité.

5. Règles de compatibilité et bases immunologiques du rejet d’allogreffe

La transplantation se fait dans la grande majorité des cas en situation ABO et HLA compatible.

Trois acteurs principaux de la réaction de rejet :

— chez le donneur : Complexe Majeur d’Histocompatibilité à la surface des cellules du greffon ;

— chez le receveur : lymphocytes T (rôle majeur dans le rejet cellulaire au cours duquel les lymphocytes T activés infiltrent le greffon et attaquent l’épithélium tubulaire) ; -lymphocytes B (rôle majeur dans le rejet humoral où les anticorps anti-HLA ciblent l’endothélium des capillaires péri-tubulaires et glomérulaires).

Le test du cross match est nécessaire avant toute transplantation rénale.

6. Principes du traitement immunosuppresseur

Cibles : activation et prolifération lymphocytaire :

— Déplétion des lymphocytes T circulants (Ac anti-lymphocytaires)

— Inhibition du 1er signal d’engagement du récepteur T (ciclosporine, tacrolimus, corticoïdes)

— Inhibition du deuxième signal (bélatacept)

— Inhibition du troisième signal :

    • Inhibition de l’action de l’IL-2 sur son récepteur (basiliximab)
    • Inhibiteurs de mTOR (sirolimus, évérolimus)
    • Inhibition de la prolifération cellulaire (acide mycophénolique, azathioprine)

Nécessité d’un traitement d’induction et d’un traitement d’entretien qui associe deux à trois immuno-suppresseurs de classe différente.