IV Hyperhydratation intracellulaire (HIC)

1. Définition

L’augmentation du volume intracellulaire est due à un transfert d’eau du secteur extracellulaire vers le secteur intracellulaire du fait d’une hypo-osmolalité plasmatique. La traduction biologique en est toujours l’hyponatrémie ([Na+] < 135 mmol/L). L’hyponatrémie associée à une hypo-osmolalité plasmatique s’explique
par un capital en eau relativement supérieur au capital en sodium, ce dernier pouvant être normal, augmenté (HEC + HIC = hyperhydratation globale) ou diminué (DEC + HIC).

2. Physiopathologie

La capacité d’excrétion d’eau libre par le rein est importante. Elle dépend d’une part de la capacité d’abaisser, voire de supprimer la sécrétion d’ADH et d’autre part des fonctions de dilution du rein. En situation normale, le rein est capable d’abaisser l’osmolalité urinaire jusqu’à un minimum de 60 mosmol/kg.

Pour voir apparaître une hyperhydratation intracellulaire, il faut  :

- Soit dépasser la capacité maximale physiologique d’excrétion de l’eau, par exemple dans le cas d’une potomanie.
— Pour un apport osmolaire de 600 mosmol/jour (apport moyen d’une personne de 60 Kg), un bilan d’eau positif (hyponatrémie de dilution par incapacité à éliminer toute l’eau bue) apparaît pour un apport hydrique supérieur à 10 litres (potomanie)
— Pour un apport osmolaire de 120 mosmol/jour (apport faible, situation observée en cas d’alimentation pauvre en protéines animales et en sel), un bilan d’eau positif apparaît pour un apport hydrique supérieur à 2 litres (syndrome tea and toast)
- Soit avoir un pouvoir de dilution du rein altéré (osmolalité urinaire minimum élevée) par une insuffisance rénale ou par hypersécrétion d’ADH. Celle-ci peut être appropriée en cas d’hypovolémie vraie ou « efficace », ou au contraire, inappropriée (puisqu’elle ne répond ni à un stimulus osmotique, ni à un stimulus volémique)(médicaments, paranéoplasiques…).

Figure :

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3. Causes d’hyperhydratation intracellulaire

Un bilan d’eau positif peut être dû à :
- Une ingestion d’eau supérieure aux capacités d’excrétion physiologiques (exemple
potomanie)
- Une excrétion d’eau diminuée par altération du pouvoir maximal de dilution des urines. On distingue schématiquement 2 grandes situations :
— ADH basse associée à un défaut rénal primaire d’excrétion d’eau comme dans
l’insuffisance rénale chronique avancée (DFG ≤ 20 mL/mn),
— ADH élevée  :

Par un stimulus volémique (hypovolémie) de la sécrétion d’ADH :

— - hypovolémie vraie (toutes les causes de déshydratation extracellulaire)
— - hypovolémie « efficace » (associée à une hyperhydratation extracellulaire) :
— - insuffisance cardiaque congestive
— - cirrhose
— - syndrome néphrotique

Par sécrétion inappropriée d’ADH (SIADH)

4. Diagnostic
Signes cliniques
- Troubles neurologiques  :
— non spécifiques donc peu évocateurs ;
— corrélés au degré de l’hyponatrémie et à sa rapidité d’installation :
— nausées, vomissements,
— anorexie,
— céphalées,
— obnubilation,
— coma,
— crises convulsives.
- Prise de poids modérée
- Absence de soif voire dégoût de l’eau.

Signes biologiques
- Osmolalité plasmatique, reflet de l’osmolalité globale, diminuée (Posm < 280 mosmol/kg).
- Hyponatrémie : [Na+] < 135 mmol/L.

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lundi 21 mars 2016
par  Webmestre

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