III Déshydratation intracellulaire (DIC)

1. Définition

La diminution du volume intracellulaire est due à un mouvement d’eau des cellules vers le secteur extracellulaire secondaire à une hyperosmolalité plasmatique efficace (> 300 mOsm/kg d’eau) (figure 3). Elle est due à une perte nette d’eau libre (= bilan hydrique négatif) et se traduit habituellement par une hypernatrémie.

Il est facile d’avoir une estimation de l’osmolalité plasmatique par la formule suivante :

Posm = [Na+ x 2] + Glycémie (mmol/L) = 285 mosmol/kg d’eau

(Dans cette formule l’urée n’est pas prise en compte. Du fait de son libre passage à travers les membranes cellulaires, elle augmente l’osmolalité sans entraîner de mouvements d’eau).

1. Physiopathologie

- La capacité de concentration des urines par le rein est importante. Elle dépend d’une part de la capacité à stimuler la synthèse d’ADH et d’autre part des fonctions de concentration du rein. En situation normale, le rein est capable d’augmenter l’osmolalité urinaire jusqu’à un maximum de 1200 mosmol/kg. L’hyperosmolalité plasmatique traduit un bilan d’eau négatif, et répond à deux grands mécanismes physiopathologiques :
- Déficit d’apport en eau (perte d’eau extra-rénale cutanée ou respiratoire dépassant les capacités d’adaptation) : synthèse d’ADH et réponse rénale adaptée
- Troubles de la régulation de l’eau (diabètes insipides) : anomalie du centre de la soif, anomalie de la production d’ADH ou des osmorécepteurs hypothalamiques, insensibilité rénale à l’ADH

2. Causes de déshydratation intracellulaire

Elles sont liées à :
— a) Une perte d’eau non compensée d’origine :
— 1. extrarénale « insensible » (cutanée ou respiratoire) ou digestives basses
— 2. rénale :
— - polyuries osmotiques
(diabète, mannitol etc.)
— - diabète insipide (central ou néphrogénique)

— b) Apport massif de sodium :
— - Iatrogène (perfusions de soluté hypertonique)
— c) Déficit d’apport d’eau ou d’accès à l’eau (nourrisson, sujet âgé)

3. Diagnostic
Signes cliniques
- Troubles neurologiques :
— non spécifiques et peu évocateurs ;
— corrélés avec le degré de l’hypernatrémie et sa rapidité d’installation :
— - somnolence,
— - asthénie,
— - troubles du comportement à type d’irritabilité,
— - fièvre d’origine centrale,
— - crise convulsive,
— - coma,
— - hémorragies cérébro-méningées, hématomes sous-duraux, thromboses veineuses
cérébrales (nourrissons, vieillards)
- Soif
- Sécheresse des muqueuses, en particulier à la face interne des joues
- Syndrome polyuro-polydipsique en cas de pertes d’origine rénale
- Perte de poids

Signes biologiques
- Osmolalité plasmatique élevée : Posm > 300 mosmol/kg d’eau
- Hypernatrémie : [Na+] > 145 mmol/L
- Quelques situations rares peuvent associer une hyperosmolalité plasmatique sans hypernatrémie : perfusion de mannitol, intoxication à l’éthylène glycol…


Articles publiés dans cette rubrique

lundi 21 mars 2016
par  Webmestre

.