II Hyperhydratation extracellulaire (HEC)

1. Définition

Augmentation du volume du compartiment extracellulaire, en particulier du secteur interstitiel, qui se traduit par des oedèmes généralisés. L’HEC pure est due à une rétention iso-osmotique de sodium et d’eau, et traduit un bilan sodé positif.

2. Physiopathologie

Les oedèmes généralisés traduisent l’expansion du volume interstitiel (apparaissent pour une augmentation du volume interstitiel > 10 % soit 1 à 2 kg pour un adulte de 70 kg). Conformément à la loi de Starling qui régit les mouvements d’eau entre les secteurs plasmatique et interstitiels, les oedèmes généralisés peuvent être dus à :

- une augmentation de la pression hydrostatique intracapillaire : (exemple : insuffisance cardiaque) dans ce cas, l’ensemble du secteur extracellulaire est augmenté (plasmatique et interstitiel).
- une diminution de la pression oncotique intracapillaire (exemple : hypoprotidémie en rapport avec un syndrome néphrotique ou une cirrhose).
- dans les deux cas, il y a toujours une participation rénale secondaire avec réabsorption pathologique d’eau et de sel sous le contrôle du système rénine angiotensine aldostérone.

JPEG - 66.6 ko

Figure 2 :

3. Causes d’hyperhydratation extracellulaire

Les trois causes les plus fréquentes d’HEC sont :

- l’insuffisance cardiaque
- la cirrhose ascitique
- le syndrome néphrotique

Autres causes :

- glomérulonéphrites aiguës
- insuffisances rénales aiguës et chroniques sévères
- hypoprotidémies très sévères (malnutrition, entéropathie exsudative)
- Syndromes de fuite capillaire (choc septique)

4. Diagnostic

Le diagnostic positif est essentiellement clinique.

L’augmentation rapide du volume du secteur vasculaire peut avoir des conséquences cliniques potentiellement graves (oedème aigu pulmonaire). L’augmentation du volume du secteur interstitiel se traduit par la formation progressive d’oedèmes.

Les signes d’hyperhydratation extracellulaire comportent en fonction du siège de l’expansion hydrique :

- secteur interstitiel :

— - des oedèmes périphériques généralisés, déclives, blancs, mous, symétriques, indolores et donnant le signe du godet.

— - épanchement des séreuses (anasarque) : épanchement péricardique, pleural, péritonéal (ascite)

— - oedème aigu du poumon

- secteur plasmatique (signes de surcharge du secteur vasculaire)

— - élévation de la pression artérielle

- quel que soit le siège : une prise de poids

Les signes biologiques sont pauvres car les signes d’hémodilution (anémie, hypoprotidémie, hypouricémie) sont inconstants et aucun signe biologique ne reflète le volume du secteur interstitiel. Lesautres signes biologiques varient en fonction des causes (exemple : augmentation du BNP dans l’insuffisance cardiaque congestive).


Articles publiés dans cette rubrique

lundi 21 mars 2016
par  Webmestre

.

.