III L’ADH

III. L’ADH

III.1. STRUCTURE

L’ADH est un petit peptide de 9 acides aminés synthétisé par les cellules neuroendocrines de l’hypothalamus. Le gène correspondant est situé sur le
chromosome 20 et code pour une pré-pro-hormone. Après clivage du peptide
signal, l’ADH est stockée dans des granules neurosécrétoires qui sont transportés le long d’un axone dans la post-hypophyse, où ils sont stockés.
L’ADH est libérée selon les besoins, en réponse à l’hyperosomolalité ou à
l’hypovolémie. Sa demie-vie est très courte (quelques minutes).

III.2. RECEPTEURS

L’ADH a deux types de récepteurs : V1 et V2.

Les récepteurs V1 sont présents au niveau vasculaire et plaquettaire et
confèrent à l’ADH une action vasoconstrictive et hémostatique, sans lien avec
le bilan hydrique.

Les récepteurs V2 sont situés à la membrane baso-latérale des cellules
du canal collecteur rénal et sont impliqués dans la fonction de réabsorption
d’eau par l’ADH.

III.3. EFFETS SUR LE REIN

L’ADH a pour principal rôle d’augmenter la perméabilité à l’eau du tube
collecteur. L’ADH se fixe au récepteur V2 (V2R), situé au pôle baso-latéral des
cellules du tube collecteur. Ce récepteur est couplé à une protéine G
stimulatrice et augmente l’AMPc intra-cellulaire. La protéine kinase A permet
l’insertion à la membrane apicale de vésicules contenant un canal à eau
appelé aquaporine 2 (AQP-2).

L’eau ainsi absorbée quitte la cellule par le pôle basolatéral qui est
perméable à l’eau en permanence du fait de la présence d’aquaporines 3 et 4.

En l’absence d’ADH, l’AQP-2 apicale est ré-internalisée et la membrane
apicale redevient imperméable à l’eau.

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III.4. MISE EN JEU PHYSIOLOGIQUE DE L’ADH

L’ADH est sécrétée principalement en réponse :
- à un stimulus osmotique (hyperosmolalité)
- à un stimulus hémodynamique (hypovolémie) via des barorécepteurs et l’angiotensine 2.

-  Contrôle osmotique de la sécrétion d’ADH  :

Les osmorécepteurs hypothalamiques sont très sensibles à des faibles
variations (1%) de l’osmolalité plasmatique. Quand l’osmolalité plasmatique
augmente, les osmorécepteurs envoient des signaux aux cellules posthypophysaires
qui sécrètent alors rapidement l’ADH. On appelle « set-point  »
le seuil d’osmolalité plasmatique à partir duquel la sécrétion d’ADH
commence. Ce set-point varie d’un individu à l’autre entre 280 et 290
mOsmol/kg d’eau.

-  Contrôle volémique de la sécrétion d’ADH  :
- Toute diminution du volume sanguin ou toute diminution de la pression
artérielle stimule la sécrétion d’ADH. Les récepteurs qui interviennent sont
des barorécepteurs « basse pression » (situés dans l’oreillette gauche et les
vaisseaux pulmonaires) et des récepteurs « haute pression » (situés dans la
crosse aortique et le sinus carotidien). Ils sont sensibles à des variations de 5
à 10% de volume ou de pression. Par aileurs, différentes hormones dont
l’angiotensine 2 stimulent également la sérétion d’ADH.

La stimulation de l’ADH par l’hypovolémie n’intervient que pour des
variations importantes du VEC (diminution du VEC de 10% ou plus).

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jeudi 10 mars 2016
par  Webmestre

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