I. STRUCTURES EPITHELIALES

Pr P Houillier

Laboratoire d’explorations fonctionnelles

HEGP

Paris

Les épithéliums constituent une interface entre le monde extérieur et le milieu intérieur (liquide extracellulaire) de l’organisme.

Les cellules épithéliales accomplissent diverses fonctions essentielles :
• établir une barrière contre les micro-organismes (cellules pulmonaires, cellule du tube gastro-intestinal, peau),
• empêcher la perte d’eau et de solutés de l’organisme (peau),
• et maintenir un milieu intérieur stable (poumons, reins).
Cette dernière fonction résulte de la capacité des cellules épithéliales d’accomplir des transports vectoriels (c’est-à-dire de transporter de l’eau ou des solutés d’un côté de la cellule épithéliale au côté opposé de cette cellule.

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La figure 1 est une représentation schématique d’une cellule épithéliale avec :
- une membrane apicale : surface libre de l’épithélium en contact avec l’environnement extérieur (par exemple avec l’air contenu dans les alvéoles, le contenu du tube digestif, ou l’urine dans le cadre des cellules de tubulaires rénales).
- un côté basolatéral en contact avec le milieu intérieur, reposant sur une lame basale, synthétisée et sécrétée par ces mêmes cellules épithéliales et qui est elle-même attachée au tissu conjonctif sous-jacent.

Les cellules épithéliales sont connectées les unes aux autres et au tissu conjonctif sous-jacent par un certain nombre de jonctions spécialisées :
- les jonctions adhérentes : desmosomes et hémidesmosomes permettent une adhérence mécanique en liant les cytosquelettes de cellules adjacentes.
- les jonctions communicantes fournissent des connexions à faible résistance entre les cellules dont l’unité fonctionnelle est le connexon (composé de six protéines membranaires appelées connexines), aligné avec le connexon de la cellule adjacente, l’ensemble formant un canal. Ce canal peut-être ouvert ou fermé et, lorsqu’il s’ouvre, il permet des mouvements d’eau et de petites molécules entre les cellules.
- les jonctions serrées :
- - constituent une voie de passage dite paracellulaire, entre les cellules, de molécules d’un côté de l’épithélium vers l’autre côté,
- - divisent la membrane plasmique des cellules épithéliales en deux domaines : un domaine apical et un domaine basal,
- - sont situées plus près du pôle apical de la cellule.

La membrane apicale des cellules épithéliales peut exprimer des caractéristiques structurelles spécifiques :
- Les microvillosités sont petites (un à deux microns de hauteur) et servent à augmenter la surface de la membrane. Elles sont habituellement observées à la surface apicale des cellules qui doivent transporter de grandes quantités d’eau et/ou de solutés (par exemple, les cellules du tubule proximal rénal.).
- Le cil primaire, présent à la surface de la plupart des cellules tubulaires rénales, est un mécano-récepteur qui capte le débit de fluide tubulaire.

La membrane latérale et la membrane basale sont en continuité. La membrane basolatérale de nombreux épithélium est plissée ou invaginée. C’est en particulier le cas des cellules épithéliales qui assurent des transports à débit élevé. Ces invaginations servent à augmenter la surface de la membrane et l’expression des transporteurs membranaires.


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